Le dernier concert de Gianandrea Noseda avec le Teatro Regio Torino ouvre le Septembre Musicale de Montreux

Nos lignes ont vanté les qualités musicales du Chœur du Teatro Regio dans les opéras, mais l’entendre ici dans une œuvre principalement chorale confirme l’excellence de ses choristes. Au pupitre, Gianandrea Noseda module leur prestation de gestes décrivant dans l’espace une épopée des harmonies. À voir son bras s’élever lentement, le poignet ployé, la paume de la main enveloppée de ses doigts recourbés comme sur un dessin de Michel-Ange, puis les mains se joindre en une prière devant la bouche, on ne peut que saisir l’intention musicale charismatique du chef. Diminuendos et crescendos vocaux se succèdent avec intensité, avec musicalité, avec une attention à la musique qui fait qu’on reste suspendu à l’œuvre. Noseda captive, enveloppe, embrasse, s’imprègne de la musique pour la renvoyer au public comme libérée de ses lourdeurs, de ses contraintes. Il est un de ces êtres dont la générosité, la bonté, le don de soi à la musique touchent au cœur. (ResMusica, Jacques Schmitt)