Jérémie Rhorer gagne le défi d’une Traviata sans précédents

«Pour cette nouvelle production de la Traviata présentée au Théâtre des Champs-Elysées, le chef Jérémie Rhorer, à la tête du Cercle de l’Harmonie qu’il a créé en 2005, a suivi une démarche historiquement informée: rétablissement des coupes, instruments d’époque et la à 432 hertz (hz). Le geste est fréquent au sein du milieu baroque où, depuis Nikolaus Harnoncourt – dont Rhorer se réclame -, les interprétations sont le plus souvent respectueuses des conditions de création originelles. (…) Au-delà du diapason, c’est le respect de l’intégralité de l’œuvre que recherche Jérémie Rhorer. Une démarche au cœur de son Cercle de l’Harmonie, dont il avait déjà usé l’an dernier pour un Barbier de Séville. Son ambition? Une Traviata non dévoyée. «Revenir aux couleurs d’origine de la partition. Dans la plupart des enregistrements, beaucoup de choses ne sont pas en place. J’essaie de restituer ce qui a été conçu.» Notamment en supprimant les parties ornementales rajoutées au fil du temps et en rétablissant les coupures opérées par la tradition.»
Libération, Guillaume Tion

«Cette concentration vers l’intime anime également l’interprétation musicale. En restituant le diapason et les instruments de l’époque de Verdi comme l’intégralité de la partition et en gommant les notes ajoutées par la tradition, Jérémie Rhorer évite aux chanteurs de s’égosiller et permet à son orchestre, le Cercle de l’Harmonie, de retrouver des couleurs et des nuances inouïes. Violetta perd son contre-mi bémol – ce dont on se contrefiche, l’opéra n’étant pas une arène – et la musique se rembrunit pour, paradoxalement, mieux éclairer les tourments de l’âme.»
Les Echos, Philippe Venturini

«J’ai adoré ça en fait, tout son travail au-delà de l’expérience. Ce n’est pas une révolution en fosse car ce sont des instruments de l’époque de Verdi et pas des instruments du début du XVIIIème siècle. Je trouve le son rond, jamais grinçant, c’est extrêmement lyrique, chaleureux. J’ai senti énormément de chaleur. J’aime beaucoup le geste qu’il impulse dans toute la Traviata, il y a beaucoup de lyrisme, beaucoup de tendresse chez Jérémie Rhorer pour les personnages qu’il dirige. J’ai été emballé par ce que j’ai entendu.»
France Musique – Club des Critiques, Richard Martet

«Enfin, l’excellent chef Jérémie Rhorer, à la tête de son Cercle de l’Harmonie, désire rendre à La Traviata une forme de pureté originelle puisqu’il nous donnera à l’entendre l’œuvre au diapason de 432 Hz, qui fut celui voulu par Verdi lui-même lorsqu’il composa l’œuvre. Le musicien aurait toujours défendu cette «harmonie naturelle», que les spectateurs parisiens vont pouvoir déguster en cette fin d’automne.»
Le Figaro, Nicolas d’Estienne d’Orves

«Pour réussir ce pari, il fallait que l’exécution musicale soit au diapason, si l’on peut dire, des ambitions proposées. Tel est bien le cas ce soir: les superbes couleurs et la dynamique des instruments d’époque du Cercle de l’Harmonie illuminent une partition que l’on redécouvre dans ses plus petits détails. La direction de Jérémie Rhorer, sensible, vive mais sans précipitation, parachève cette éclatante réussite musicale.»
Revopera, Nicolas Hans

«(…) les timbres typés (cordes soyeuses, hautbois fruité, cuivres assourdis) permettent légèreté de touche et réactivité, tandis que le volume, moins puissant que les instruments modernes, évite de couvrir les chanteurs. Sa direction vive, attentive à un phrasé toujours mobile, l’étoffe est de qualité.»
Le Figaro, Christian Merlin

«Jérémie Rhorer pour cette production de la Traviata a choisi le diapason verdien à 432 Hz. L’effet est singulier et porte surtout sur les voix. C’est à peine perceptible en même temps qu’épatant. Notre impression étrange ressemble à découvrir l’œuvre pour la première fois. Retenons aussi que Jérémie Rhorer est un magnifique chef d’orchestre. La musique de Verdi et magnifiée; le chef et compositeur restitue avec son orchestre le drame et la joie, l’érotique et le macabre.»
Toute la culture, David Rofé-Sarfati

«(…) mais ce sont plutôt les instruments d’époque du Cercle de l’Harmonie, aux timbres colorés et parfois surprenants (notamment dans leurs interventions solistes) qui ont titillé nos oreilles. Jérémie Rhorer dirige la version intégrale de l’œuvre, reprises inclues, moins les notes suraigües rajoutées par la tradition. Sous sa direction vivante et dynamique, l’orchestre, d’abord un peu raide, ne cessera de gagner en chaleur et en densité.»
Télérama, Sophie Bourdais

«À la tête de son orchestre du Cercle de l’Harmonie, jouant sur instruments anciens, Jérémie Rhorer insuffle à la partition de Verdi une saveur insoupçonnée. On le mesure notamment lors de la  »banda » musique, sorte de concertino des vents, à l’acte 1, qui confère une sonorité si particulière à la première rencontre entre Violetta et Alfredo. En général, les flûtes ou les cors naturels, sans parler des violons avec cordes en boyaux, ajoutent des effets de couleurs saisissants. La direction contraste habilement soit l’influx dramatique (…), voire un débit presque véhément (…), soit des instants d’une grande retenue, d’une lenteur voulue.»
On-mag, Jean-Pierre Robert

«As arresting as the staging is, it is the musical dimension one will remember most. Rhorer chose a lower pitch than usual, A 432 Hz, one that Verdi is thought to have favored. As with the period instruments, the object is to make the singers feel more comfortable. And the performance was virtually uncut; only the repeat of the baritone’s cabaletta was omitted. The important thing in this Traviata was that Rhorer’s departures from custom were combined with splendid voices, a cogent staging, and a high level of musical execution that presented a familiar opera in an exciting and revelatory new way.»
The New Criterion, George Loomis